Orange e‑LIGUE 1
Saison 2018 - 2019

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Saison 2018 - 2019

Trois fois champion du monde et quatre fois champion de France, Bruce Grannec possède sans équivoque le palmarès le plus fourni de la scène FIFA française. Un virtuose de la manette qui a mis un terme à sa carrière professionnelle en 2015, et qui co-présente aujourd’hui le Mag de l’Orange e-Ligue 1 sur beIN SPORTS. Dans cette seconde partie d’interview, Bruce  discute de l’avenir de l’esport en distribuant quelques bons conseils de champion.

Avec ton expérience, quelles astuces donnerais-tu aux néophytes qui tentent leur chance ?

En premier, être costaud mentalement. On ne va pas se mentir, c’est le plus important. Quand tu arrives à accéder aux finales, le niveau minime est déjà très élevé. Tout le monde peut battre tout le monde. C’est le mental qui fait la différence dans des matchs très serrés. Pour les nouveaux joueurs qui découvrent le haut niveau, je leur conseille de ne pas s’affoler si ça se passe mal, de ne pas se décourager, parce que c’est presque normal de prendre des scores au début. C’est comme ça que t’apprends, que tu vois ce qui te manque et ce qu’il faut donc travailler. On est tous passé par là.

 

Jouer sur le plateau télé d’une grande chaîne, commenté par deux figures de la scène FIFA française, ça ne risque pas d’annihiler le niveau de certains ?

Là encore, tout dépend du mental. Si tu entends les commentateurs dire que ton adversaire a l’ascendant, qu’il mérite de dominer, peut-être que toi, dans un sentiment de révolte, tu vas vouloir montrer que tu es meilleur que lui, et ça peut te pousser à mieux jouer. En revanche, ça peut être l’effet inverse si tu es un peu léger mentalement. La plupart des joueurs ont l’habitude. C’est aussi ça le haut niveau, te sortir du confort de ton salon. C’est jouer dans des conditions compliquées, avec du monde autour de toi. Avec Brak, on est pas là pour enfoncer un joueur. Il y a de l’enjeu, donc on s’efforce de ne pas avoir d’influence sur le résultat. On essaye de commenter avec un ton neutre, parce qu’on a tous les deux été joueurs et que l’on connaît ces situations et l’effet que nos mots peuvent avoir. En tout cas, jamais un joueur n’est venu nous voir en se plaignant qu’on avait pas été cool avec lui.

 

À travers l’émission, que souhaites-tu apporter à l’esport ?

Je pense que l’on apporte surtout de la visibilité au grand public. On amène ce côté professionnel, en espérant que les gens se disent qu’il ne s’agit pas que d’une compétition amicale. Aujourd’hui, quand tu vois le montant des cash prizes, ça ne surprend plus personne. Tout le monde a conscience que l’esport s’est donné du crédit en se professionnalisant. Je pense que le regard des personnes qui ne connaissaient pas la discipline à changer depuis pas mal de temps. Quand ils tombent sur un tournoi de jeux vidéo, ils ne se demandent plus ce qu’il se passe, en rigolant. Ils savent que c’est sérieux, que la plupart des joueurs ont des salaires et qu’ils s’entraînent tous les jours, à l’instar des footballeurs. Quand on a commencé, c’est ce qu’on espérait, cette reconnaissance.